Plus de femmes dans les camions : un enjeu clé pour le TRM
Dans le transport routier de marchandises (TRM), la question « Où sont les femmes ? » reste tristement d’actualité. Alors que la féminisation globale de la branche progresse, la conduite poids lourd demeure l’un des métiers les plus masculinisés. Pourtant, des signaux faibles mais encourageants montrent qu’un changement de paradigme est en marche, porté par des initiatives de formation, des politiques RH plus inclusives et des témoignages de conductrices qui bousculent les clichés.
1. Un secteur qui reste très masculin
Selon les données récentes de l’OPTL, les femmes représentent un peu plus de 20% des effectifs salariés de la branche transport-logistique, mais seulement 12% dans les métiers de la conduite. Quand on zoome sur les conducteurs de poids lourds, la proportion stagne autour de 3,5 à 4% depuis des années. À l’inverse, le transport sanitaire compte près de 38% de conductrices, preuve que le volant n’est pas en soi un « métier d’homme ».
Les freins sont identifiés depuis longtemps :
- des représentations très ancrées du « camionneur », fort physiquement, disponible à toute heure
- des idées reçues sur la force nécessaire pour manœuvrer un poids lourd, alors que les aides techniques ont profondément transformé le métier ;
- une inquiétude persistante autour de la sécurité sur les parkings, aires de repos et bases logistiques.
2. Le métier évolue, les mentalités aussi
Les témoignages recueillis par le Journal du Poids Lourd montrent une réalité plus nuancée que les clichés : plusieurs conductrices expliquent ne pas avoir rencontré le fameux « machisme » redouté, mais au contraire des équipes plutôt bienveillantes et curieuses. Les progrès techniques (boîtes automatiques, aides à la conduite, mécanisation des charges) ont fortement réduit la dimension physique du métier, rendant la force musculaire beaucoup moins déterminante qu’avant.
Parallèlement, l’ensemble des jeunes générations – et pas uniquement les femmes – expriment une forte attente en matière d’équilibre vie pro / vie perso. Beaucoup de conducteurs ne partent plus à la semaine et rentrent désormais tous les soirs, avec des horaires aménageables permettant par exemple de commencer plus tôt pour libérer les après-midis. Ces nouvelles organisations ouvrent la voie à davantage de profils féminins, notamment des mères de famille ou des personnes en reconversion.
3. Formations et programmes dédiés : un levier puissant
Le rôle de la formation dans la féminisation de la conduite est clé. Souvent issues d’autres secteurs (esthétique, vente, hôtellerie, santé…), les femmes découvrent le TRM via des programmes ciblés comme Iron Women – Agir au féminin ou des promotions 100% féminines proposées par des organismes comme Aftral, AFT ou France Travail.
Ces dispositifs répondent à plusieurs besoins :
- lever l’autocensure (« ce n’est pas un métier pour moi ») en montrant des modèles féminins ;
- sécuriser l’entrée dans le métier avec un accompagnement intensif (code, conduite, théorie, immersion en entreprise) ;
- faciliter le passage vers l’emploi grâce à des job datings et des partenariats avec des transporteurs engagés.
4. Conditions d’accueil, sécurité et mixité : les vrais chantiers
Si les mentalités évoluent, des freins structurels demeurent, notamment sur les aires de repos et les parkings poids lourds : manque de sanitaires et de douches adaptées, éclairage insuffisant, sentiment d’insécurité lorsque les conductrices sont seules. L’exemple nord-américain montre pourtant qu’en améliorant ces conditions, la part de femmes au volant peut presque doubler en quelques années.
Au sein des entreprises, certaines bonnes pratiques se distinguent :
- politiques de congés spécifiques (enfant malade, aidants, retour après maternité) ;
- outils de diagnostic de l’égalité professionnelle et suivi des parcours femmes / hommes ;
- valorisation de la mixité comme facteur de performance, pas seulement comme un sujet d’image.
L’enjeu n’est pas uniquement de recruter plus de femmes, mais de leur permettre de rester et d’évoluer dans la durée, en s’appuyant sur leurs compétences plutôt que sur des projections liées à leur vie personnelle.
5. Comment Truckly peut contribuer à cette transformation
Truckly est née d’un constat simple : chaque jour, des milliers de camions circulent avec des cabines partiellement ou totalement vides, tandis que des jeunes, des étudiants et des actifs précaires manquent de solutions de mobilité longue distance. En connectant ces passagers aux chauffeurs sur des axes réguliers, Truckly transforme ces kilomètres « à vide » en trajets utiles, rémunérateurs pour les conducteurs et les entreprises, et bénéfiques pour le climat.
Ce modèle peut devenir un levier pour l’attractivité du métier auprès des femmes :
- un revenu additionnel traçable, réparti entre le chauffeur, l’entreprise et Truckly, qui améliore concrètement le pouvoir d’achat des conductrices ;
- une relation plus directe et plus humaine avec les passagers, susceptible de renforcer le sens du métier et de casser l’image du conducteur « isolé » ;
- des trajets organisés, réservés et assurés via une plateforme, permettant d’outiller la sécurité (traçabilité des trajets, identité des passagers, support en cas d’incident).
En travaillant avec les transporteurs, les fédérations et les programmes de formation dédiés aux femmes, Truckly peut :
- intégrer dès la conception de la plateforme des besoins spécifiques exprimés par les conductrices (sécurité, communication, gestion des horaires) ;
- valoriser les ambassadrices du métier, en mettant en avant des portraits de conductrices partenaires ;
- contribuer à rendre visible une nouvelle image du camion : un espace de travail connecté, utile à la mobilité de tous, et ouvert à toutes.
6. Ddes cabines plus pleines… et plus mixtes
La féminisation du transport routier ne se résumera pas à quelques campagnes d’affichage : elle passera par une transformation globale des conditions de travail, des représentations et des pratiques de recrutement. Mais les signaux sont là : davantage de formations dédiées, des entreprises qui se fixent des objectifs chiffrés, des femmes qui racontent leur fierté d’être conductrices et qui deviennent les premières ambassadrices du métier.
En faisant des cabines poids lourd un support de mobilité partagée, Truckly veut participer à ce mouvement : plus de trajets, plus de pouvoir d’achat, plus de lien – et, espérons-le, plus de femmes au volant. Les petites évolutions d’aujourd’hui peuvent créer le déclic de demain : celui d’un TRM enfin à l’image de la société qu’il transporte.